IN-HABITATION INVITATION AU VERNISSAGE 18/11/11 dès 18h

IN-HABITATIONS Haris Diamantidis Galerie Black and White à Lutry
Vernissage VENDREDI 18 NOVEMBRE dès 18H
La deuxième guerre mondiale, suivie d’une fratricide et douloureuse guerre civile, a laissé la Grèce dans un état économique désastreux. Ceci a provoqué un très important mouvement migratoire vers les pays qui pouvaient encore offrir, à ce moment, des possibilités de travail, comme les Etats Unis d’Amérique et l’Australie. Ce mouvement migratoire a commencé au début des années 50 et a duré jusqu’à la fin des années 60. Des familles et parfois des villages entiers sont partis pour aller s’installer à des dizaines de milliers de kilomètres de leur lieu d’origine, en emportant avec eux que le strict minimum nécessaire pour effectuer le voyage. L’éloignement de ces pays d’accueil a eu comme corolaire, pour une grande partie de ces familles, l’abandon définitif de leurs maisons avec tout ce qu’elles contenaient. Ces maisons inhabitées, à moitié ou parfois complètement effondrées, hantent encore aujourd’hui les villages des campagnes et des îles grecques.
Probablement sensibilisé par mon propre expérience de l’émigration et surtout par celle de mes parents, je me suis intéressé ces dernières années à rendre compte de ce mouvement migratoire en photographiant ces maisons abandonnées. Je tente ainsi de faire un travail sur l’usure, la mémoire, l’usure de la mémoire, l’abandon et la mort.
Sous les toits effondrés, des lambeaux d’une vie abandonnée nous interpellent et nous interrogent. En entrant dans ces lieux, on est submergé par la violence de la destruction due au temps et à l’abandon et en même temps envahi par la quiétude morbide et par le silence du vide. Des habits mités pendent dans les armoires éventrées et sur les murs décrépis, des photos jaunies balancent dans des cadres brisés, des ustensiles rouillés sont dispersés dans des tiroirs béants, des objets de valeur dévalorisés, des restes fanés d’une cérémonie de mariage ou de baptême, des souvenirs qui ne rappellent plus rien à personne. Cependant cette absence est loquace. Les images d’abandon d’aujourd’hui reflètent celle de la vie quotidienne du passé.
Aujourd’hui, la crise économique est en train de réveiller les démons de l’émigration du passé. Cette fois, c’est la jeunesse du pays qui est la première à être touchée. Souhaitons que cela ne soit pas à l’origine des « In-Habitations » du futur.
Haris Diamantidis
Novembre 2011
CONTACT:
Jean SCHEIM
E-mail: B-WHITE@VTX.CH
Tel: 021 792 15 56

























